Campus FM

L’incomparable radio toulousaine

kamasi washington
Découvrant l’instrument à l’âge de 13 ans c’est l’embouchure et le sourire au coin des lèvres que Kamasi Washington dévoua sa vie au vaste monde du Jazz. Loin de lui l’idée de chômer, le jeune prodige épate et progresse à une vitesse folle si bien qu’il se retrouve très vite catapulté premier sax de la très coté Hamilton High School Music Academy. De là les connexions se créent et l’émulation aidant Washington retrouve ses amis d’enfance avec entre autre Stephen Bruner (futur Thundercat) mais surtout son frère Ronald avec lequel il formera son premier quartet au nom prémonitoire « The Young jazz Giants ». Baignant dans un environnement culturel ouvert et riche, l’expérimentation prime et ces génies d’un autre genre ne cessent d’explorer, de repousser les barrières d’un style en perpétuelle évolution. Véritable touche à tout et allant de paire avec un esprit curieux, c’est donc sans surprise que nous le retrouvons à jouer les back band pour Snoopchien ou plus récemment sur le dernier album d’un certain Kendrick Lamar. Le parallèle avec l’univers du hiphop ne s’arrête pas là et témoigne d’une volonté de reconnaissance dans le milieu tel un jeune Mc à la conquête du rap jeu mondial.

Disque aux proportions démentes « The Epic » porte son nom à ravir et ne fléchit pas une seule minute en 17 titres et pas loin de 3 heures de musique. Schéma complexe et simple à la fois Whashington n’y va pas par quatre chemins et déballe toute l’histoire du jazz sans concessions. Mêlant pêle-mêle free jazz, jazz rock, big band tout y passe ou presque dans une logique imparable. Coltrane mais aussi Shorter ou en passant par Mc Coy Tyner les influences elles aussi se bousculent quelque peu mais aucun doute sur l’issu finale tant l’œuvre est maitrisée. La formation va loin qui à y mettre des moyens démesurés et nous caller sous le nez deux batteurs ou deux bassistes à la fois. Heureusement pour nous Patrice Quinn apparait ça et là, ajoutant quelques éléments soulfull bien mérités dans ce précipice jazz sans fond. Au final « The Epic » reste et restera certainement comme une œuvre majeure du jazz. Balayant avec habilité de nombreuses décennies de rébellion le disque n’en finit plus d’éblouir par sa diversité. Ceux qui espérait y trouver le spectre d’une collaboration hiphop/jazz étroite passeront surement leur chemin pour les autres aucun doute possible, foncez !

Joël Roblochon***

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