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Chronique : Adrian Younge / Something About April II, Linear Labs, 2016

adrian youngeL’homme à la machine temporelle bloquée sur 1973 n’en finit plus de nous abreuver de ces productions aux accents révisionnistes. Il est vrai qu’après ses collaborations fructueuses avec le plus fantomatique des membres du Wu façon film de genre, rien ne semble arrêter notre génie prolifique qui nous propose aujourd’hui le second volet de son “Something about April » et montre une nouvelle fois son obsession monomaniaque pour l’exercice si particulier de la bande originale de film aussi fictive soit-elle.

Œuvrant toujours sans relâche entre soul psychédélique et cinéma classique européen, cette seconde mouture voit plus loin que son prédécesseur s’éloignant quelque peu de ses racines breakbeat. Un mal pour un bien car la succession de titres filiformes toujours savamment rodés pour se jouer des formats courts et percuter efficacement l’auditeur témoigne d’une certaine cohérence qui alliée au déballage de vieilleries analogiques en tout genre amène son lot de saveurs exotiques. Mais au-delà du catalogue massif aux trop nombreuses références, Younge nous montre avant tout au travers de ses récents travaux sa faculté innée à produire l’épais terreau du sampling des générations futures. Breaks de batteries affutés, lignes de basse accrocheuses et orgues savoureux bref tout semble fait pour que le néophyte comme l’érudit trouvent en ce lieu dédié son bonheur sans restrictions aucunes.

Théorie du genre mise à part l’album mérite toute l’attention qu’on lui porte de par son niveau de maitrise élevé. Les nombreuses collaborations parfaire le casting sans faute de cette fable rétro aboutie et captivante proposant une réinvention intelligente du passé comme de son créateur. Adrian semble avoir bouclé sa boucle…

Florent Jourdes pour Entrée, Plat, Dessert. Retrouvez toutes nos chronique ici.